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L’intelligence artificielle en 2025 : sortir de l’illusion, bâtir le collectif

En 2025, l’intelligence artificielle n’est plus un simple terrain d’innovation : c’est le cœur battant d’une nouvelle géopolitique du pouvoir, où quelques géants privés – principalement américains – concentrent ressources, influence et contrôle. Nous vivons la « période d’atterrissage » : le moment où les promesses infinies de l’IA générative se heurtent à la réalité de ses limites techniques, éthiques et sociétales, et où l’enjeu n’est plus d’inventer, mais d’arbitrer.

Trois tendances qui redessinent le paysage :

  • Alliances Big Tech–États : la souveraineté en question

Les partenariats public-privé se multiplient dans des secteurs vitaux : la défense, l’éducation, la santé. Microsoft, Amazon, Google deviennent des piliers de l’infrastructure publique. Mais à quel prix ? Les États, en externalisant leurs capacités, renforcent leur dépendance et laissent s’effriter leur souveraineté numérique. Le service public se redéfinit au gré des intérêts privés et opaques des plateformes, au risque d’un alignement systémique. 

  • Innovation ou prédation ? La frontière s’efface

L’économie de l’IA s’appuie sur l’appropriation massive de ressources communes : données ouvertes, contenus culturels, savoirs scientifiques. L’extraction de données sans consentement explicite devient la norme, justifiée par l’efficacité et la performance. Les régulations – AI Act, DSA, initiatives américaines – peinent à suivre le rythme, incapables de saisir l’ampleur des externalités écologiques et sociales.

  • Consolidation industrielle : la diversité sacrifiée

La course à la taille des LLMs verrouille l’accès au marché. Rareté du compute, des données, des talents : l’expérimentation et la diversité technologique reculent. Les architectures centralisées, opaques, coûteuses, s’imposent, incompatibles avec la transparence, la gouvernance démocratique, l’inclusivité. Le mythe de l’« agent intelligent » légitime des déploiements sans garde-fous, au détriment des droits fondamentaux et des minorités.

Vers une intelligence artificielle au service du collectif 

Réorienter la trajectoire : pour une IA au service du collectif

Le rapport Le service public à l’épreuve de l’intelligence artificielle appelle à un sursaut : sortir de la logique extractiviste, rompre avec la course à l’échelle, et réinventer une IA territorialisée, ouverte, régulée. Il s’agit de :

• Redistribuer les moyens de production de l’IA ;

• Ouvrir les modèles et les données ;

• Mettre en place une régulation effective, adaptée aux enjeux écologiques, sociaux et démocratiques.

L’avenir de l’IA ne se joue pas dans la démesure, mais dans la capacité à bâtir des communs, à garantir la transparence, à replacer l’humain et le collectif au centre. 

L’IA de demain sera sobre, inclusive et démocratique – ou ne sera pas.

Intelligence artificielle : un autre chemin est possible

Dans cette dynamique de réorientation, des initiatives comme le LAB IA de Data Ring montrent qu’un autre chemin est possible. Notre laboratoire accompagne les organisations publiques et privées dans l’analyse des risques liés à l’IA (DPIA, FRIA), l’élaboration de chartes d’usage, l’animation de comités d’éthique, et la conduite de dialogues sociaux technologiques.

Il facilite aussi l’expérimentation responsable grâce à des bacs à sable réglementaires et soutient activement les PME et jeunes pousses engagées dans une innovation technologique plus juste, plus sobre, et plus ancrée localement.

Une approche concrète, au service d’une IA collective, maîtrisée et démocratique. 

France Charruyer, Présidente de Data Ring